20 Maiea 70 de l’ère Borr.
Je suis parti ce matin aux aurores avec un léger pincement au cœur. Il y a tant de choses à découvrir dans cette ville qu’une semaine n’aurait pas été de trop. Mais mon but n’est pas de faire du tourisme. Je suis parti explorer le monde pour confronter mon savoir à la réalité et je ne dois pas me laisser distraire.
Les plaines d’Alanganie sont un peu monotones, je dois dire. Une prairie d’herbes sèches à perte de vue, parsemée de quelques arbres çà et là.
Ce soir, j’ai trouvé un bon endroit pour bivouaquer, près d’un petit point d’eau. Je vais monter ma tente à bonne distance. Peut-être qu’avec un peu de chance, des animaux viendront s’y désaltérer.
21 Maiea 70 de l’ère Borr.
Quelle chance ! Ce matin, alors que le soleil se levait à peine, trois magnifiques griffons sont venus s’abreuver au point d’eau.
Je me suis approché le plus possible en rampant dans l’herbe et je les ai observés pendant plusieurs dizaines de minutes.
Quelle majesté, quelle noblesse dans leur maintien ! Ce sont véritablement des animaux de légende.
Lorsqu’on les voit de si près, on comprend pourquoi ils sont au sommet de la chaîne alimentaire. Des serres acérées, des muscles puissants et une vue perçante : ce sont des prédateurs par excellence. Et ils sont d’une vive intelligence. Je suis certain qu’ils m’ont remarqué, mais aucun d’eux n’a fait le moindre geste indiquant qu’il était sur le qui-vive. Ils ont dû comprendre que je n’étais pas une menace et m’ont laissé tranquille.
J’ai quand même eu beaucoup de chance. S’ils avaient été affamés, je ne serais peut-être plus là pour écrire ces quelques lignes.